Les fourrières

En septembre 2013, la cour constitutionnelle roumaine a jugé conforme la loi portant sur l’euthanasie des chiens errants. A cette date, Bucarest abritait de l’ordre de 40.000 chiens errants pour 1,7 million d’habitants.

Désormais,  tout chien errant est euthanasié 14 jours après sa capture, s’il n’est pas réclamé par son propriétaire ou adopté. Un chien capturé à Bucarest passe ce sursis dans l’une des quatre fourrières de la ville.

(Cliquez sur les photos pour les agrandir et pour lire les commentaires)

Des hommes et des animaux

Des rues de Bucarest à la fourrière

 

Les conditions dans lesquelles s’effectuent  la capture d’un chien (pas forcément errant), et son calvaire jusqu’à son arrivée dans l’une des fourrières de la ville, sont décrites dans un article « Les attrapeurs de chiens » , publié sur ce blog.

 

 

Quatre fourrières à Bucarest : Bragadiru, Mihailesti, Pallady et Odai

Trois de ces fourrières (Bragadiru, Mihailesti et Pallady) semblent dépendre directement de l’ASPA (*).
* Autorité pour la Surveillance et la Protection des Animaux

Odai, Bragadiru et Mihailesti sont toutes situées sur la voie rapide E70 desservant le sud-ouest de Bucarest. Pallady est située à l’est de Bucarest.

Une partie du personnel de Bragadiru est  constituée de détenus de la prison de Rahova. Les chiens sont « soignés » par des détenus. C’est un service rendu à la communauté. Les témoignages concordent sur le fait que c’est la pire des quatre.

 

 

 

 

 

Mihailesti est la plus grande des 3 fourrières dépendant de l’ASPA (850 places mais souvent le double de chiens). Tous les chiens qui ont pu être sortis de cette fourrière sont maigres et malades. Environ 80% d’entre eux ont contracté la maladie de Carré.

 

 

 

 

 

 

Pallady est plus petite. Mais le nombre de chiens par box y est trop important. Dans ces conditions, ils se battent souvent et ils se tuent parfois entre eux.

 

 

 

 

 

Odai est la plus récente. Elle a été inaugurée en 2009. Elle a actuellement une capacité supérieure à 1500 places.
Ce devait être un projet pilote pour résoudre le problème des chiens errants sans avoir recours à l’euthanasie. Au début, un programme de stérilisations et d’adoptions avait été mis en place. Mais c’est vite devenue une fourrière comme les autres …

 

 

 

 

 

Conditions de vie des chiens dans ces fourrières

dans les box, les chiens sont trop nombreux et ils ne disposent pas d’un espace suffisant.

les chiens malades ne sont pas soignés et ils ne sont pas isolés des autres.

les chiens sont nourris de manière aléatoire : les employés leur mettent des croquettes quand ils le veulent bien. Il n’y a que les plus forts qui arrivent à manger. Les autres n’ont pas ou très peu accès à la nourriture …

– le sol des box est en ciment avec des palettes disposées ici ou là. Le ménage est fait au jet plusieurs fois par jour avec les chiens présents dans les box. De ce fait, les chiens sont toujours mouillés et baignent dans des flaques d’eau mélangées à l’urine et aux excréments. Les croquettes sont dans le même état.
C’est en grande partie à cause de cela que beaucoup de chiens sont malades.

les femelles, les bébés, les mâles sont répartis de manière aléatoire dans les box. De nombreux drames résultent de cette cohabitation forcée !

les employés des fourrières n’ont reçu aucune formation spécifique. La plupart d’entre eux traitent les chiens comme des objets.

 

 

Comment récupérer ou adopter un chien qui a été raflé ?

En théorie, un chien raflé est conduit à la fourrière correspondant au secteur de Bucarest où il a été attrapé. En pratique, cela dépend si cette fourrière est pleine et de divers arrangements avec les dog-catchers.

Ce qui fait que le propriétaire d’un chien peut être amené à visiter les 4 fourrières pour avoir une chance de le retrouver. De plus :
– les horaires d’ouvertures au public sont réduits (par exemple, entre 10h00-14h00, du lundi au vendredi pour Bragadiru).
– les visiteurs ne sont admis qu’un par un après avoir fourni différents documents.
– la durée d’une visite est de 20 à 30 minutes au maximum (les photos et vidéos sont strictement interdites).

Toutes ces difficultés accumulées font que beaucoup de personnes renoncent à retrouver leur chien ou à en adopter un.

Le délai de 14 jours avant euthanasie est-il respecté ?

Plusieurs témoignages de personnes, qui sont allées chercher leur chien raflé après un jour ou deux, montrent que non.
Notre sentiment est que ce délai est très aléatoire. Les fourrières sont périodiquement « vidées ». Un chien qui entre peu avant la date fatidique a un délai de survie très court.

 

 

 

 

 

 

 

Comment sont tués les chiens ?

Aucune autorité de contrôle n’est admise dans les fourrières. Dans ces conditions, il n’est pas interdit d’envisager le pire et des rumeurs sur des méthodes horribles utilisées circulent.

 

Quelque précisions

Le terme roumain « adapostul » qui est le plus souvent utilisé pour désigner les lieux où sont détenus les chiens, et dont les traductions sont « public shelter » / « abri public », ne sont pas des refuges mais des fourrières (« ecarisaj ») municipales.
Les seuls vrais refuges existant en Roumanie sont le fait d’initiatives privées.

On trouve sur internet des publications de propagande éditées par des municipalités / organismes qui présentent les fourrières sous leur meilleur aspect. La réalité est hélas tout autre !

Cette page est consacrée exclusivement aux fourrières de Bucarest. Mais nous savons que la situation d’un bon nombre de fourrières de province est encore beaucoup plus dramatique !

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Les témoignages sur les fourrières roumaines provenant d’autres sources

Un article très édifiant est paru récemment sur GEOPOLIS, le site d’information de francetvinfo :
(Cliquez sur le lien orangé ci-dessous)

Chiens errants en Roumanie : trafic et cruauté font bon ménage

Par Jacques Deveaux – Publié le 10/04/2014 à 11H03, mis à jour le 14/04/2014 à 09H31

En voici un extrait qui fait froid dans le dos :

Les fourrières sont des mouroirs
Aujourd’hui, le ramassage se veut systématique. Les chiens capturés sont placés dans des mouroirs qui n’ont de refuge que le nom.
Par cupidité, les responsables de ces centres les laissent mourir de faim ou de maladie. Parfois, les chiens sont immédiatement éliminés à leur arrivée, avant les 14 jours légaux. La fourrière touche la prime de capture, mais ne s’embarrasse pas de l’animal.

 

En août 2009, Irina a pu pénétrer dans la fourrière de Mihailesti

C’était pour récupérer Lolilta, une de ses protégés (chienne stérilisée et inoffensive), qui avait été prise avec d’autres chiens de son quartier, par les attrapeurs de chiens de l’époque. Irina avait pu prendre des photos avec son téléphone portable.

Son reportage hallucinant sur les circonstances de la capture de Lolita et sa récupération à la fourrière de  Mihailesti est toujours disponible sur son site internet. Son désespoir était profond !
(Cliquez sur le lien orangé ci-dessous)

Le 15 août 2009, Lolita et d’autres chiens de mon quartier ont été pris par la fourrière

 

 

Cinq ans plus tard, après beaucoup d’argent dépensé stupidement et beaucoup de souffrance animale et humaine infligée, la Roumanie en est toujours au même point !

La stérilisation a toujours été la seule solution viable et digne pour limiter le nombre de chiens. Mais voilà, c’est une méthode qui serait moins profitable pour beaucoup de monde.

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3 pensées sur “Les fourrières”

  1. exacte je vis en roumanie dans le village ou je suis la maltraitance animale telle qu elle soit y est perpetree,soit par les coups la faims et quand ils ne castrent pas un cochon a vif. des chiens meurent de faim la il y a une famille de chiens avec ses petits ils sont tout le temps dehors et voila l hiver la neige le verglas.. les pauvres ca me rend malade

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